( 10 mai, 2008 )

Le village de Tiébaghi

Le lendemain de mon excursion dans le Nord

, je suis allée visiter le village minier de Tiébaghi. Ce village est situé dans les montagnes entre Koumac et Poum et il a été abandonné le 20 août 1964. Le site a été classé en 2001 et d ‘importants travaux de rénovation ont été entrepris par l’association pour la sauvegarde du patrimoine minier et historique du Nord Calédonien.

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Historique :

Jusqu’en 1901, le massif de Tiébaghi (composé de minerai de chrome), ne fait l’objet d ‘aucune exploitation car le chrome des mines européennes suffit largement. Mais au XXe siècle, le chrome devient une matière première entrant dans la composition des aciers spéciaux, alors l’industrie du chrome démarre en Nouvelle-Calédonie. L’approche de la première guerre mondiale et la constitution de stocks accélèrent l’entrée en activité de la mine de Tiébaghi. De 1902 à 1928, l’exploitation est faite à ciel ouvert.

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 Cratère d’exploitation de la mine.

Les blocs de minerai sont dégagés à la pioche et on les évacue à dos d’homme jusqu’à un « va et vient » aérien qui descend les sacs au pied du massif. Des voitures tirées par des bœufs assurent le convoyage jusqu’au quai où le chrome est chargé dans des voiliers en partance pour l’Angleterre.

En 1905, la production atteint 300 tonnes/annuel, Tiébaghi devient le principal producteur mondial de chromite.

En 1914, l’activité devenant trop dangereuse dans le cratère, des galeries souterraines horizontales sont creusées à différents niveaux. Elles permettent aux ouvriers de traverser le flanc de la montagne jusqu’au gisement de minerai et ainsi d’en faciliter l’évacuation. A cette période, la production est de 40 000 à 48 000 tonnes par an.

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Coupe du gisement (en pointillé en haut: coupe de cratère, mine à ciel ouvert ; en vert : les tunnels; en noir : le gisement de chrome).

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Entrée du tunnel 7

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 le train de la mine.

 La dépression de 1929 et la seconde guerre mondiale provoque l’effondrement de la production. Il est difficile d’acheminer le minerai en Europe et aux Etats-Unis. L’activité reprend en 1950 avec la guerre de Corée, les Américains se reconstituent des stocks de chrome. Mais le marché mondial est instable, les coûts de productions ont augmenté, le chrome calédonien n’est donc plus compétitif. La mine ferme le 20 mai 1964.

EN 1967, l’exploitation est rachetée par des canadiens (INCO). Ils vont exploiter le dôme qui est riche en Nickel. Cette exploitation ne durera que 9 ans. Aujourd’hui, la SLN qui a acheté une concession en 1995, a repris l’extraction du nickel dans le massif, mais le village est resté abandonné.

La visite :

On accède au village par les chemins dont se servent les camions de la SLN pour aller chercher le mimerai de nickel extrait. Le village étant à 600 m d’altitude, la route qui y mène permet d’avoir de joli point de vue sur la Baie de Néhoué.

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Baie de Néhoué.

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 Vu du village.  

On y accède, à l’époque à pied ou à cheval et le matériel est y acheminé en pièces détachées à dos d’homme et de mulets. L’installation du téléphérique en 1908 et sa mise en marche en 1912, facilita l’acheminant des minerais et du matériel indispensable à la vie dans le village. Le téléphérique relie le village au quai, situé de l’autre côté du versant.

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Le téléphérique .

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Wagon du téléphérique .

L’électricité et le pompage sont générés par d’énorme machine qui sont le cœur du village. machine4.jpg

Groupe électrogène : il alimente la mine et le village en électricité.

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Machine permettant de pomper l’eau de la mine.

Le village de Tiébaghi qui est isolé du reste de la Calédonie, ne comprend que les infrastructures nécessaires à l’exploitation de la mine. Les ouvriers, cadres, dirigeants et leurs familles vivent à proximité de la mine, logés dans de petites maisons. Dans les années 40 ; le village se modernise et voit s’ouvrir une boulangerie, un hôpital et même une chapelle.

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Four de la boulangerie restaurée.

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Salle d’opération avec les machines d ‘époque.

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Salle de radiologie.

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Téléphone de l’hôpital.

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La chapelle restaurée.

La chapelle est assez typique puisqu’elle a été construite à partir de bidons métalliques. Ils ont coupé les grands bidons en deux et aplani la tôle pour en faire des plaques. Ces dernières ont été ajustées afin de bâtir la chapelle.

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Gros plan sur les tôles.

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Une pompe à essence d’époque non restaurée.

Voilà pour ma petite visite à Tiébaghi. C’est dommage que ce genre de site soit rare ici. Le tourisme historique n’est pas très développé…ils misent tout sur les paysayges, les plages, la plongée et les rando dans les montagnes. Ce qui est très sympas, mais ils ont aussi des sites historiques intéressant qu’ils n’exploitent pas. C’est dommage!!!!

gros bisous à tous, tata!

oui, ce mot là, je l’ai vraiment intégré à mon vocabulaire.

1 Commentaire à “ Le village de Tiébaghi ” »

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